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Fractionnée en communautés bien distinctes que l’histoire a opposées, la Nouvelle-Calédonie demeure confrontée à l’incertitude d’une coexistence pacifique des groupes culturels. Croisant des points de vue qui s’expriment habituellement de manière séparée, l’enquête par entretiens, menée à Nouméa et dans le Grand Nouméa, renvoie une image de la manière dont les habitants défendent leurs appartenances culturelles, perçoivent celle des autres, expriment leurs convergences et divergences. L’ouvrage explore ainsi les effets de l’accord de Nouméa de 1998 dans les représentations du « vivre ensemble » : qu’en est-il aujourd’hui de cette « identité » et de cette « citoyenneté » néo-calédoniennes appelées à dépasser le clivage entre indépendance kanak et loyauté envers l’Etat français ?
Commander l’ouvrage- chez l’éditeur : Editions L’Harmattan, 5-7 rue de l’Ecole Polytechnique, 750005 Paris, http://www.editions-harmattan.fr/index.asp
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- en librairie
Introduction
Chapitre 1 Calédoniens d’origine européenne, une identité incertaine
Désignations
et frontières de la communauté
Calédoniens,
Caldoches, Blancs, Européens… Comment se reconnaître ?
État des lieux
de l’auto-désignation
Les aléas de
l’appartenance culturelle
Le sentiment de
ne pas constituer une culture originale
L’affirmation
contrainte de l’identité caldoche
L’identification
ambivalente à la France
A la
recherche d’une légitimité : pôles structurants de l’identité calédonienne-européenne
La
réhabilitation de l’origine bagnarde
Le lien à la
terre
Le passé
broussard et la cohabitation avec les Kanak
La
reconnaissance du métissage
Chapitre 2 Vers la
pleine reconnaissance kanak ?
Kanak plutôt que Mélanésiens
Les Noirs
sauvages de Nouvelle-Calédonie
L’adoption
majoritaire de
Océaniens par
opposition aux Occidentaux et aux Calédoniens
L’affirmation culturelle kanak
L’identité
affirmée en réaction à l’acculturation forcée et l’infériorisation
Un conflit de
civilisations
La culture
intériorisée et l’identité par paliers
Reconnaissance
et assimilation
Une vision
positive de soi devenue motrice pour les autres
La reconnaissance kanak
est-elle acquise ?
La vision du
passé colonial
Discriminations
et disparités socio-économiques
Le refuge de la
tribu et l’opposition de la Brousse à Nouméa
Les oppositions
de territoires
Reconnaissance
culturelle et gestion difficile du rapport aux autres
Des
revendications traduites en combat politique
Chapitre 3 Idéaux et
Pratiques de rapprochement
Les
acculturations réciproques
L’acculturation kanak des Européens
Entre
socialisation kanak et acculturation européenne
Les pratiques communes d’aujourd’hui
Les mélanges
dans la vie privée
L’école et la
jeunesse : entre espoirs et limites
Le travail :
initiatives économiques et luttes sociales
Les loisirs et
la culture : des perspectives consensuelles
Chapitre 4 Appartenir à
un pays commun
Le sentiment
d’appartenance au pays
Calédoniens en
demeurant Kanak
Entre
appartenance calédonienne et française
Les proximités
dans le Pacifique
L’accord de
Nouméa, entre espoirs et doutes
La question de
l’indépendance en suspens
Une pédagogie
nécessaire et l’introduction des débats
Symboles de
l’appartenance commune
Quel nom pour le
pays ?
Assumer une
histoire plurielle
Le Mwâ Kââ,
tentative d’un signe identitaire commun
Conclusion
Références
bibliographiques
Annexes
1. Guide d’entretien
2. Liste des
interlocuteurs
3. Accord sur la
Nouvelle-Calédonie dit Accord de Nouméa –
4. Aperçu
chronologique de la Nouvelle-Calédonie
Castle owners and peasants of Saint-Hilaire. Transfer of land ownership and social organization
in the Vendeen Bocage
Condensé d’une thèse d’anthropologie (http://bcarteron.perso.cegetel.net/these.htm) l’ouvrage aborde les relations entre la transmission des terres et l'organisation sociale de Saint-Hilaire-de-Loulay (http://www.sainthilairedeloulay.com/) depuis 150 ans. La « commune aux sept châteaux » présente l’originalité d’être longtemps restée sous la coupe de grands propriétaires fonciers. Malgré leur dépendance, fermiers et métayers ont incarné ici la grande famille communautaire et solidaire et la stabilité de lignées paysannes renouvelant au fil des générations leur fidélité ancestrale aux maîtres reconnus et acceptés. « L’équilibre dans l’instabilité » marquant leur ancienne condition se retrouve ainsi dans le dynamisme actuel de la région, avec ce souci persistant de dépasser les inégalités au profit de l’intérêt collectif et de l’affirmation de valeurs communes.

Préface de Martine Segalen, Professeur d’Ethnologie à
l’Université de Paris X – Nanterre
Editions Hérault, Les Mélines, BP
14,
Saint-Hilaire-de-Loulay, commune dynamique et industrialisée, est aussi surnommée « Saint-Hilaire les sept châteaux », territoire longtemps resté sous la coupe économique et culturelle de grands propriétaires terriens. Ici comme dans l’ensemble du Bocage vendéen, l’idéal d’indépendance que représentait la possession foncière a rencontré des réalités opposées : celle de l’emprise économique et sociale de la noblesse, celle de la place privilégiée des fermiers des grandes exploitations châtelaines et d’un mythe vendéen qui a fait de ces fermiers ou métayers une figure idéale du paysan : familles communautaires et solidaires, stabilité de lignées paysannes renouvelant au fil des générations leur fidélité ancestrale aux maîtres reconnus et acceptés.
Les modalités de transmission du patrimoine foncier dessinent un système complexe faisant coexister des exigences d’apparence contradictoires. Le Bocage, à travers une commune de ce type, n’associait pas toujours deux régimes fonciers opposés comme on l’a longtemps pensé (grands propriétaires et leurs fermiers/métayers d’un côté, petits paysans-propriétaires de l’autre), mais un seul régime aux éléments complémentaires et interdépendants.
La dévolution des biens constitue un point d’ancrage pour tenter de comprendre un problème plus vaste : la continuité des manières de vivre et de penser dans le Bocage vendéen en dépit des changements qui ont marqué la région depuis la seconde guerre mondiale. Dans une perspective anthropologique qui relie le présent au passé, il s’agit ainsi de contribuer à l’explication des paradoxes apparents comme ceux qui font cohabiter dynamisme économique et respect des hiérarchies anciennes ; autrement dit un syncrétisme original entre tradition et modernité que les Bocains revendiquent eux-mêmes.
Saint-Hilaire donne à voir le cas
d’une commune où se conjuguent le « système de la paroisse » et celui
« du château ». Les châtelains étendaient leur emprise à partir du
domaine et de ses fermes à l’ensemble de
Après plus de 150 ans de contrôle
de la municipalité par les châtelains, l’accès au pouvoir d’un fermier en
I.
Les hameaux : métairies, borderies – Châteaux et domaines –
L’évolution de la propriété foncière – La répartition des fermes et borderies –
Saint-Hilaire-de-Loulay, un cas particulier dans le
Bocage
II. STRUCTURE FONCIERE ET CONDITIONS PAYSANNES
La stratification sociale – Soumission et avantages des fermiers et
métayers – L’indépendance relative des bordiers
III.
IV.
Le Bocage : composantes d’un système égalitaire – Mariage et célibat
dans les familles paysannes – La communauté de la ferme – Un système de
complémentarité fermiers-bordiers
V. METAYERS ET FERMIERS,
Stabilité et instabilité dans les fermes – Sociétés agricoles et
dévolution du patrimoine – Devenir des grandes fermes depuis 1950
VI.
Partages, dispersions et recompositions d’exploitations – Des
exploitations en vases communicants : le cas du Plessis Duranceau – De la ferme aux borderies : l’exemple de
la Louisière
VII. L’ORGANISATION DU DOMAINE CHATELAIN
La transmission des biens fonciers – Le monde du château – Le domaine et
la production économique
VIII. SYSTEME DU CHATEAU ET SYSTEME PAROISSIAL
Au sein de la paroisse : l’expression de la hiérarchie sociale – L’école
de la cure et des châteaux – Fêtes et rituels – Codes de conduite
IX. EMPRISE ET DEPRISE POLITIQUE DES CHATELAINS
Unité civile et cohésion religieuse – Le conseil municipal du temps des maires-châtelains – Des nobles aux fermiers : le
changement dans la continuité
Il manquait au Centre-Ouest une étude qui traite en profondeur de la
reproduction des sociétés paysannes. C'est chose faite avec le beau travail que
nous offre Benoît Carteron. Depuis les années 1970, les études d'anthropologie
historique se sont multipliées mettant en évidence la diversité française et
européenne des systèmes de transmission des biens en milieu rural. On a
découvert que le Code civil, tout en décrétant l'égalité des enfants face à
l'héritage, avait accepté des accommodements qui rendaient possible la
continuation d'un système qui remonte au XVIe siècle et qui privilégiait un
seul héritier à chaque génération. C'est ce que l'on a appelé le "système
à maison" -dit "oustal" "oustaou", "ostal".
Il a été largement analysé dans de grandes monographies concernant le Béarn et
le Pays Basque, le Languedoc ou les Alpes du Sud, devenues aujourd'hui des
classiques. En ce qui concerne le Nord et l'Ouest de la France, des régions
d'égalité, comme l'attestent déjà les coutumiers du Moyen Age, la connaissance
était beaucoup plus éparse ; à part la Bretagne, objet de travaux assez
nombreux, le Centre Ouest n'était qu'un grand vide que le travail de
Certes la France de l'Ouest a été
l'objet de travaux importants, voire aussi célèbres que le "tableau
politique" d'André Siegfried, qui est bien plus que cela. Plus récemment,
on a pu lire des études de géographie comme celle de Jean Renard ou
d'anthropologie, comme celles de Jean-Clément
A partir d'une commune
emblématique du Bocage vendéen, St-Hilaire-de-Loulay,
St-Hilaire-de-Loulay
comporte cependant ses singularités, notamment en raison du grand nombre de ses
châteaux, dont
Les chapitres centraux de l'ouvrage étudient dans le détail le principe et la pratique de l'égalité vendéenne, à partir de monographies de métairies ou de borderies, dont les transmissions familiales et terriennes sont étudiées sur cinq ou six générations, rendant compte de la peine des familles pour assurer à chaque génération des moyens de vivre à tous leurs enfants, tout en tentant de ne pas démembrer les terres. A vrai dire, les fermiers n'ont pas à se poser la question puisque la terre ne leur appartient pas. Qui donc alors héritera d'un statut envié de fermier et du bail ?
Du côté des bordiers, en revanche, c'est plutôt l'instabilité qui domine et les cas de stabilité rencontrés montrent plutôt comme en creux le sort de ceux qui doivent trouver une exploitation différente lorsque les enfants sont trop nombreux. Ils vendent de petites terres pour en racheter d'autres, celles-là mêmes qui seront remembrées dans les années 1950 alors que les fermes disposent déjà de terres groupées autour des bâtiments d'exploitation. Tous ces exemples s'appuient sur des graphiques généalogiques efficaces, résultat d'un patient travail d'enquête qui conduit du présent au passé dans les mémoires et les archives notariées.
S'intéressant ensuite à
l'évolution économique du système agricole,
La modernité de la commune s'est faite aux dépens du "système du château" qui s'est effondré de lui-même. Cependant les nouveaux descendants considèrent que ces vieilles bâtisses sont plus une charge financière qu'une source de prestige. Ils tentent d'en reconvertir l'activité, par exemple vers une économie viticole de qualité. Mais dans l'ensemble, la population de St-Hilaire-de-Loulay s'est réapproprié, à travers eux, un passé qui a été souvent douloureux pour plus d'un. Nous voici à l'ère de la "patrimonialisation" et les châteaux apparaissent comme une spécificité de la commune qu'il convient de conserver et de mettre en valeur. Est-ce un héritage ou une revanche ? Le lecteur jugera sur pièces, selon ses convictions. Mais la démonstration est bien administrée : le système du bocage est souple et permet toutes les adaptations : c'est le miracle vendéen, fondé sur un pacte social qui permet aux ouvriers de participer d'un mode de vie rural. Malgré les clivages, la cohésion sociale résiste, grâce à un mythe que les châteaux peuvent aujourd'hui incarner à leur manière.
De cet ouvrage, on pourra faire plusieurs lectures : les apprentis ethnologues pourront s'inspirer d'une méthode rigoureuse faite de distance et de proximité qui allie aux entretiens la critique des sources documentaires et archivistiques. Les amoureux de la région y trouveront une mine d'observations ethnographiques et d'analyses socio-historiques qui leur permettront littéralement de lire l'histoire de leur paysage et de leur environnement quotidien. Les plus jeunes forgeront dans ce récit le socle de leur identité inscrite dans une histoire emblématique de la région.
anthropologie - ethnologie - rural - transmission des biens - fermage -
métayage - noblesse - domaines châtelains – religion - politique - dépendance
paysanne - communauté familiale – bocage – Vendée - XIXe / XXe siècles
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